
Camille Gabert, graphiste et illustratrice
L’originalité des créations de Camille Gabert est avant tout dans la diversité des sujets traités, notamment pour la jeunesse : des caves de la Chartreuse à l’art contemporain, de l’écologie à la mobilité. Elle est aussi dans sa démarche d’associer graphisme et illustration et de donner une place particulière au dessin. Dans cet entretien, Emma Margiotta interroge la créatrice sur le contexte de ses commandes, l’élaboration de chaque projet, les valeurs qu’elle partage.
Auteure :
Emma Margiotta
Entretien avec Camille Gabert,
(1er décembre 2025)
Côté technique, j’ai réalisé toutes mes images à la main, au crayon de papier et au fusain. Il s’agissait d’une demande du musée, pour retrouver un côté ancien et laisser une trace sur du papier. Ensuite, elles ont été colorées à l’informatique. D’un part, j’évitais le risque d’éventuels changements de couleurs attribuées aux personnages, tout en sachant qu’elles ont été imposées par la scénographe Céline Daub et la graphiste Clara Emo Dambry, et qu’elles sont arrivées après la réalisation de mes dessins. D’autre part, je devais envoyer des fichiers informatiques à l’imprimeur. J’ai rencontré des difficultés techniques au moment de scanner mes dessins en raison de leur grand format et du format A4 de mon scanner. Afin de rendre compte de l’aspect de mes dessins, j’ai travaillé sur des fichiers numériques très volumineux, me heurtant aux limites de mon ordinateur. Par ailleurs, même si j’ai passé beaucoup de temps avec mes crayons sur ces dessins, j’ai du mal à les voir comme des œuvres à part entière, ce sont des étapes de travail.
Concernant le carnet de jeux de la 17e Biennale d’art contemporain de Lyon en 2024, il s’agissait de renouveler cet objet destiné aux enfants et de faire connaître Les Grandes Locos, nouveau lieu de cette manifestation culturelle tout en faisant aussi apparaître le macLYON. J’ai travaillé avec Clarisse Bioud, rédactrice en chef de Grains de Sel, qui avait une vision journalistique et de gestion de projet, à laquelle j’ai apporté ma créativité. Nous avons affiné le besoin initial en se questionnant sur l’âge des enfants et le fait de s’adresser à des fratries. Nous avons également questionné les œuvres à évoquer en élaborant un livret en accordéon afin de les spatialiser dans Les Grandes Locos. Notre difficulté a été de ne pas dénaturer les propos des artistes. Pour la première fois, je devais me réapproprier le travail d’artistes afin de proposer des jeux permettant la compréhension d’œuvres. Nous avions prévu des activités à faire pendant la visite, et avons eu comme retours qu’elles étaient réalisées en partie sur place et en partie à la maison. Le fait de ramener le carnet de jeux est intéressant, ça permettait aux parents de prolonger les discussions après la visite.











