Réaliser un film en une semaine avec un cinéaste invité et des habitants du Vercors, tel était l’enjeu de ce film d’atelier créé en 2012 dans le cadre de la résidence « De l’écrit à l’écran ». Bien que le titre « Le mangeur de chèvre » soit surprenant, le film est consacré à l’histoire et à la mémoire du tram reliant Bourg-de-Péage à Sainte-Eulalie-en-Royans ; il est réalisé par une dizaine d’amateurs avec le cinéaste Aurélien Vernhes-Lermusiaux.

L’histoire ou plutôt l’imaginaire du tram est l’objet du documentaire-fiction réalisé du 16 au 22 juillet 2012 dans le cadre de la 5e résidence de cinéastes dans le Vercors « De l’écrit à l’écran ». L’objectif d’une résidence était avant tout d’«instaurer une relation féconde entre projet artistique et projet d’action culturelle » et de favoriser la diffusion cinématographique sur un territoire en invitant un cinéaste pendant trois semaines. Une semaine était consacrée à la réalisation d’un film d’atelier sur un sujet précis avec des amateurs ; la résidence d’écriture du cinéaste se déroulait pendant les quinze jours suivants, avec en parallèle un festival de cinéma organisé dans plusieurs lieux du Vercors . Ce projet était porté par l’association « Ecran Libre », collectif de cinéastes coordonné par Samuel Aubin, lui-même réalisateur et fondateur de l’association créée en 1994 .

Le cinéaste Aurélien Vernhes-Lermusiaux a ainsi accompagné un groupe d’habitants du Royans-Vercors dans la réalisation du film d’atelier « Le mangeur de chèvre », de la conception à la documentation, du repérage au montage. Ont participé à ce projet : Sylvie Bosc, Catherine Flament, Louis Giroud Abad, Jean-François Guillaume, Pascale Masse, Silvana Mauro Perazio, Elise Roybin, Laure Taillandier.

Pendant 12 min 45 s, l’aventure et le cheminement du tram sont évoqués grâce à une succession d’images fixes et mobiles, de récits, de sons (bruit du roulement sur les rails, sifflement de la locomotive…) donnant l’illusion du mouvement et de la vitesse. Témoignages d’habitants, souvenirs et anecdotes de Germaine Antelme et d’Alain Derbier (qui nous donne l’explication du titre), jeu de petit-train d’enfants, photographies d’archives, traces encore présentes (gares, pont de Sainte-Eulalie) s’enchaînent pour finir avec surprise sur l’arrivée en gare d’un train à La Ciotat filmé en 1895 par les frères Lumière.

 

Si Aurélien Vernhes-Lermusiaux n’est que le cinéaste « accompagnateur » de ce film d’atelier, il a joué pour les habitants-créateurs un rôle essentiel en donnant une cohérence cinématographique à ces fragments, en inventant une écriture poétique qui ne peut que nous transporter. Un documentaire-fiction est à regarder et à écouter par tous les amoureux de train et par ceux qui veulent préserver les traces de ce tram, notamment le pont du Cholet à Saint-Laurent-en-Royans.

Pour les curieux du cinéaste, le site d’Aurélien Vernhes-Lermusiaux(*) présente les différents aspects de son travail : documentaires, installations, fictions, dont son dernier film Vers la bataille qui a reçu le Prix Louis-Delluc du premier film en 2021 : « un beau film contemplatif inspiré par des grandes œuvres de l’histoire du cinéma, (qui) cherche à interroger sans cesse le regard du spectateur dans sa propre contemporanéité » d’après Cédric Lépine dans Médiapart (mai 2021).

Ecran libre
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